PFC : histoire d’une classe de produits chimiques

La nouvelle est tombée récemment. La classe des Perfluorés (PFAS ou PFC), ainsi que toute une série d’autres produits chimiques, vont être progressivement bannis en Europe dans les usages non-essentiels. L’Union Européenne a en effet publié, lundi 25 avril, sa feuille de route pour restreindre de nombreux composés problématiques pour la santé et l’environnement, d’ici à 2030. Cette feuille de route fournit une liste importante de composés qui vont être progressivement bannis du fait de leur dangerosité. C’est une nouvelle inédite. On l’attendait mais elle est à souligner tant cela est rare. Cela s’est déjà produit par le passé, avec notamment la Conférence de Stockholm, où de nombreux produits chimiques persistants dans l’environnement et dangereux avaient été bannis. Mais là, l’Union Européenne frappe fort en s’attaquant non plus à des produits, mais à des classes de produits.

A travers ma formation et les messages que je fais passer, je vous en parle souvent de ces produits, tels les phtalates, les bisphénols, parabens, retardateurs de flamme bromés, sans oublier les perfluorés. On les retrouve partout et il est, désormais difficile de trouver une personne sur le globe qui n’a pas dans son sang, des traces de ces produits. Nous y sommes confrontés, dès notre plus jeune âge, à travers les objets du quotidien, tels meubles, appareils électroménagers, cosmétiques, peintures, produits d’entretien, jouets, alimentation… nous les respirons, nous les absorbons et nous les ingérons.

Jusqu’ici, des restrictions émises par les autorités, concernaient souvent des produits dits, CMR (potentiellement cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction), désormais, ce sont ce qu’on appelle, les perturbateurs endocriniens qui sont dans le viseur. Parmi ces substances, se trouve une classe dont je vous ai déjà parlée, tant elle est problématique : la classe des perfluorés (perfluoro alkyls, appelé encore PFC ou PFAS). Et ce qui est remarquable dans ces restrictions des produits considérés, est qu’ils ne sont plus pris un à un, mais sous l’angle d’une classe de produits. Cela facilitera du coup le travail des autorités et le dialogue avec les industries en question. Par ailleurs, on peut l’espérer que cel empechera les substitutions regrettables. Concernant la classe des perfluorés : 2 ont été bannis (le PFOA et le PFOS), mais on en compte près de 4700 (sans compter, ceux qui ne sont pas répertoriés ou qui résultent de dégradations de composés plus grands : une étude réalisée en 2019, sur des femmes enceintes, dans la Baie de San Francisco, avait montré la présence dans leur sang de PFC, jamais identifiés jusqu’alors).

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Qu’est ce que la classe des perfluorés (PFC ou PFAS) ?

C’est une classe de produits qui commencèrent à être synthétisés dans les années 1950 et qui se présentent le plus souvent sous forme d’une chaine de carbones, plus ou moins longue, à laquelle sont liés des atomes de fluor. Les plus connus sont le PFOA et le PFOS, qui ont été bannis dans le début des années 2000.

Ils sont utilisés dans divers applications, tant industrielles que dans des produits de consommation courantes. ils présentent tous des propriétés remarquables de résistances mécaniques, thermiques et chimiques, mais aussi des propriétés de répulsion de l’eau, des corps gras. On les retrouve ainsi dans les emballages alimentaires en carton, dans les fils dentaires, dans les tissus d’ameublement, et bien sûr dans les ustensiles de cuisine, tel poêles anti-adhésives.

On dénombre environ 4700 produits différents synthétisés, mais en usage courant, on n’en retrouverait que 2500. Le problème qu’ils posent est triple :

  • Ils sont persistants dans l’environnement. On les retrouve partout, même dans les terres les plus reculés. C’es pour cela que on les appelle d’ailleurs, les « Forever chemicals ».
  • Ils ont tendance à s’accumuler : ils restent dans l’organisme et sont difficilement évacués, d’autant plus qu’ils suivent un cycle entéro-hépatiques et donc recyclés indéfiniment.
  • enfin, ils posent de nombreux problèmes de santé, allant des problèmes de reproduction à des cancers.

Or il n’existe plus une personne qui ne soit pas contaminée par ces substances dans le monde !

Je pourrais vous en parler pendant des heures, tant il existe d’études ayant montré les problèmes qu’ils posent tant sur l’environnement, que sur les problèmes de santé qu’ils entrainent. Aussi, pour y revenir plus en détail, je vous propose de venir assister à la Rencontre Santé Environnementale, qui aura lieu le 17 mai, à 20h30. Cette rencontre s’inscrit dans des rencontres mensuelles, où je développe un sujet en particulier.

Pour en savoir +

Lors de cette rencontre, nous reviendrons plus particulièrement, sur les toxicités et problèmes de santé rencontrée par ces expositions, et comment dans la vie, quotidienne, il est possible de diminuer cette exposition.

S’engager sur une formation on line peut être difficile. Avec ces Rencontres Pratiques Santé Environnementale, vous consacrez quelques heures par mois, pour approfondir un sujet en particulier. Ces rencontres s’inscrivent dans mon programme, le Chaînon Manquant, mais peuvent être suivies, indépendamment à raison de 39€ par rencontre (150 € pour 5).

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Le programme des rencontres est le suivant :

  • mardi 17 mai : où en est on avec les Perfluorés, Perfluoro-alkyks (PFOA)
  • mardi 7 juin : les crèmes solaires
  • mardi 12 juillet : revue sur le BPA et ses dérivés.
  • mercredi 14 septembre : Périnatalité et Santé Environnementale,
  • jeudi 20 octobre : Relation avec le microbiome
  • autres dates à partir du mois de septembre sur le thème : Protéger les enfants, Impact de l’environnement sur notre immunité, Impacts neurologiques, Obésité et diabète, Impact sur la thyroïde, pesticides, Où agir dans la cuisine ?

Bibliographie

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